Arrêter de fumer du tabac est toujours difficile. Quand la
décision est prise, il faut mettre toutes les chances de son
côté. Conseils.
Commencer de
fumer du tabac, c'est tomber dans le piège de la dépendance.
Très rapidement installée, la dépendance au tabac est très
forte. Physique et psychologique, elle provoque un vif désir de
continuer à fumer, et d'augmenter les doses. La tentative
d'arrêt provoque un désagréable syndrome de sevrage. Cet état de
manque se manifeste par de l'irritabilité, de l'anxiété, de
l'insomnie, des difficultés de concentration, des troubles de la
mémoire. C'est ce qui rend l'arrêt du tabac si difficile, et
facilite les rechutes. Il faut souvent plusieurs tentatives
avant d'arriver à se passer du tabac. Une prise de poids de
quelques kilogrammes est fréquente. Elle peut être combattue par
une activité physique plus intense.
La fumée du tabac est impliquée dans 30 % des cancers (poumon,
larynx, vessie, etc.). Elle favorise la mort par maladies
cardiovasculaires et insuffisance respiratoire. Elle cause des
ulcères gastroduodénaux, des reflux d'acidité gastrique. Fumer
pendant la grossesse peut provoquer des avortements, des
prématurités, et prédispose l'enfant aux maladies respiratoires.
Toutes les tentatives de diminuer progressivement la quantité de
tabac fumé conduisent à l'échec. Il faut arrêter brutalement, et
totalement, de fumer. Quand la décision de cesser de fumer est
prise, il faut choisir une période sans stress majeur pour
passer à l'acte. La date choisie, il faut en prévenir
l'entourage pour être soutenu. Il faut éviter les circonstances
et lieux où beaucoup de personnes fument ensemble, ce qui est
plus facile depuis l'entrée en vigueur de la législation
restrictive. Il faut essayer de casser les suites de réflexes
qui conduisent à fumer. Par exemple, l'enchaînement d'un bon
repas, souvent assez gras, arrosé, suivi d'un café, qui pousse à
la cigarette. Dans ce cas, pendant les trois ou quatre semaines
de la période de sevrage, il faut changer de régime. En mangeant
peu, plutôt sain et végétarien, en buvant très peu d'alcool, en
évitant les excitants comme le café. Et en buvant à longueur de
journée des infusions comme de la menthe. Ce qui a l'avantage
immédiat de substituer au goût de goudron dans la bouche une
saveur agréable et rafraîchissante. Et conforte dans l'idée
qu'on a fait le bon choix. " Embrassez un non fumeur, et
savourez la différence " dit la propagande anti-tabac
australienne.
|
Les doses
de nicotine utilisées pour le sevrage tabagique sont des
doses pour adultes. Ces doses peuvent provoquer une
intoxication grave, voire mortelle, chez les enfants.
Ne jamais laisser traîner les dragées, gommes à mâcher à
portée des enfants. Replier les patchs usagés sur eux-mêmes
avant de les jeter à la poubelle. Pour les femmes enceintes,
l'usage des gommes à mâcher et des cartouches de nicotine
pour inhalation buccale, semble préférable à l'usage de la
cigarette, plus toxique pour le fœtus. |
|
Il ne faut pas
attendre de miracle des médicaments. Leur aide est modeste.
C'est la nicotine qui marche le mieux. Un an après le sevrage,
14 à 18% des fumeurs qui ont pris des substituts nicotiniques
n'ont pas repris de tabac. Contre 10 % de ceux qui ont pris un
placebo (faux médicament). La bupropione n'est guère plus
efficace, mais expose à de trop nombreuses complications pour
être recommandée. Elle peut provoquer des crises convulsives et
des allergies parfois graves. Prise pendant la grossesse, elle
peut induire des malformations cardiaques chez le fœtus. La
varénicline est à éviter. Elle peut être responsable de troubles
du rythme cardiaque, d'infarctus du myocarde, de dépressions,
d'idées suicidaires. En comparaison, les effets secondaires de
la nicotine sont plus acceptables. Quelques troubles digestifs
sont possibles, ainsi que des vertiges, des palpitations, des
insomnies ou de la somnolence, de l'anxiété, de l'irritabilité,
des douleurs musculaires ou utérines, des allergies, notamment
avec les dispositifs transdermiques. La nicotine semble diminuer
la prise de poids au sevrage. Son utilité paraît très faible
pour les fumeurs de moins de 15 cigarettes par jour. Pour ceux
qui fument entre 15 et 20 cigarettes par jour, les gommes à
mâcher dosées à 2 mg de nicotine sont conseillées. A partir de
20 cigarettes par jour, il vaut mieux utiliser des gommes dosées
à 4 mg, ou des patchs à la nicotine. Il ne faut pas oublier que
c'est la volonté d'arrêter qui est décisive. Mais ne pas oublier
non plus que cesser de fumer un paquet de cigarettes par jour,
c'est économiser 2 000 euros par an. Pendant la période de
sevrage éviter l'alcool et le café.