Les lèvres et la langue sont soumises à des températures très
élevées. Elles souffrent de brûlures chroniques, La chaleur
participe également à l'altération des muqueuses qui entraîne
une destruction des papilles gustatives, une altération des
lobules olfactifs contribuant à diminuer le goût, une moindre
possibilité de défense contre les infections microbiennes, et
enfin une altération des cordes vocales : la voix devient rauque
et désagréable, une toux d'irritation chronique fait toussoter
le fumeur sans arrêt. Au pire des cas, des lésions
précancéreuses et cancéreuses peuvent apparaître au niveau de la
lèvre, de la langue, de l'arrière-gorge.
|
|
La gorge en danger
La gorge des fumeurs est
irritée constamment, c'est une évidence. Sa voix peut
être éraillée, les angines lui sont familières. Le
danger le plus grave concerne l'apparition du cancer. Le
tabac augmente le risque de cancer du larynx et du
pharynx, surtout si l'alcool s'en mêle. La plupart des
cancers du larynx s'attaquent aux cordes vocales. Les
symptômes pouvant faire craindre son apparition sont
l'enrouement, une douleur d'un côté de la gorge ou dans
une oreille, des troubles de la déglutition, la
sensation d'une " arête " dans la gorge. Dans ce cas, un
gros fumeur doit bien sûr consulter au plus vite. |
LES POUMONS ET
LES BRONCHES, LES GRANDS MENACÉS
Histoire naturelle de la pollution broncho-pulmonaire
Quelqu'un qui ne fume pas a peu d'impuretés à évacuer de ses
bronches, juste la pollution atmosphérique de base. Les cils des
cellules bronchiques font leur travail. On tousse, et les
bronches se nettoient d'elles-mêmes. Après quelques cigarettes,
les cils fins commencent à s'engourdir et perdent leur énergie,
car il existe dans la fumée uns substance qui a la fâcheuse
manie de ralentir leur action. Ces effets sont majorés chez le
jeune dont la croissance bronchique se poursuit jusqu'à l'âge de
17 à 18 ans et peuvent engendrer des anomalies structurelles et
fonctionnelles qui seront retrouvées chez l'adulte. Peu à peu,
les cellules ciliées ne remplissent plus leur fonction
d'épuration par ce que l'on appelle " l'escalator muco-ciliaire
", puis elles disparaissent progressivement. C'est aussi pour
cela que lorsqu'on s'arrête de fumer, on peut plus tousser
qu'avant : les cils se remettent à fonctionner, ce qui est
bénéfique. Après 50 000 cigarettes, les cils commencent à être
détruits, et les " cochonneries " s'accumulent sans pouvoir
sortir. Les cellules glandulaires et les glandes bronchiques
sécrètent de plus en plus de mucus visqueux et épais. Cela
peut-être le début de la bronchite chronique. Un symptôme
courant de la prétendue " toux normale du fumeur " qui en aucun
cas n'est " normale " : la stagnation des sécrétions bronchiques
pendant la nuit oblige le fumeur à tousser tous les matins pour
se désencrasser.
Bronchite
chronique
Un fumeur sur deux est atteint d'une bronchite chronique. Elle
est diagnostiquée quand la toux et l'expectoration durent au
moins 3 mois par an depuis plus de 2 ans, et décelée par simple
spiromètre. La fréquence de la maladie a augmenté de plus de 40%
en 15 ans. Pour la personne qui en est atteinte, cela signifie
un essoufflement au moindre effort -monter un escalier, marcher,
ou même simplement se sécher les cheveux. Le risque de bronchite
chronique devient important au-delà d'un paquet par jour pendant
15 ans. En France, il y a 2 millions de bronchites chroniques,
et 15 000 morts de bronchites chroniques liées au tabac...
|
Évidemment,
il vaut mieux s'arrêter avant d'en arriver là, car quand on
le fait à temps, les dommages causés à l'appareil
respiratoires sont réversibles. Les médecins observent que
les personnes qui rechignent à s'arrêter de fumer, même
bronchitiques chroniques, ne se rendent pas compte de
l'importance de l'importance de la respiration sur leur état
de santé. Alors qu'ils sont bien plus motivés s'ils ont eu
un infarctus, de nombreux fumeurs continuent à fumer alors
qu'ils présentent les symptômes d'une bronchite chronique
grave. C'est évidemment malheureux, au vu des milliers de
morts que le tabac provoque par atteinte des voies
respiratoires. |
|
Cancer du poumon
L'usage du tabac s'est répandu en Europe au XVIIe siècle mais ce n'est
qu'au début du XXe siècle qu'on a soupçonné ses effets cancérigènes et
en 1950 seulement que son rôle, dans Pétiologie des cancers du poumon, a
été établie. Le cancer du poumon lié au tabagisme tue plus de 20 000
français par an, dont 90-95 % de fumeurs. C'est est la première cause de
mortalité que Ton peut prévenir. De tous les cancers, celui du poumon
est le plus dangereux tant chez les hommes que chez les femmes. Comment
ce processus mortel se met en route ? L’inhalation de la fumée du tabac
entrave la capacité naturelle de nettoyage des poumons qui se fait par
les bronches. Celles-ci contiennent des mucosités protectrices qui se
reposent sur une couche de cellules dotées de fins cils qui les
entraînent sans cesse vers le haut du poumon en vibrant. Ils éliminent
ainsi les particules polluantes qui ont été aspirées. Le fait de fumer
détruit peu à peu ce mécanisme en faisant détruisant les cils et en
faisant épaissir la muqueuse bronchique qui tente de protéger les tissus
situés en-dessous. Après des années d'abus, le mécanisme de reproduction
de certaines cellules se dérègle. Elles peuvent se développer de façon
anarchique. A partir de là, le poumon ne peut plus se nettoyer, les
agents cancérigènes y sont retenus trop longtemps, de sorte qu'ils
finissent par forcer les cellules. La toux ne peut alors plus faire son
travail, la fumée attaque les cellules peu à peu. C'est le début du
cancer des bronches ou du poumon.
|